Société

TPI Dixinn: « Mes ravisseurs m’ont demandé de payer 300.000 dollars », témoigne Alpha Souleyamane Baldé

Les atroces minutes qui ont précédé à l’enlèvement du richissime commerçant Alpha Souleyamane Baldé  ont été révélées ce lundi 20 mai au tribunal de premier instance de Dixin.

Cet opérateur économique de 50 ans , plaignant dans cette affaire ministère public contre Abdoul Mazid Diallo (libéré) Sidy Mohamed Diallo (en fuite) Lamine Sané, Sâa David Kamano, et Sékou Oumar Keita, tous poursuivis pour association de malfaiteurs, vol à main armée, enlèvement et séquestration, a enfoncé davantage le clou des charges des accusés qui niaient à bloc leur participation à cette histoire d’enlèvement.

Appelé à la barre, Alpha Souleymane Baldé raconte sa mésaventure: « C’était un mercredi 11 août 2016,  dans les environs de 19h , j’étais dans un de mes chantiers dans le quartier Kaporo-centre,  je faisais ma prière quand les bandits ont fait irruption dans ma cour. Ils ont jeté la femme du gardien qui est venue tomber près de mon tapis de prière. Au moment de tourner ma tête pour dire « Salam Alaikoum » ils ont pointé le pistolet sur ma tête et m’ont demandé où se trouve l’argent. J’ai dit que je n’ai pas d’argent sur moi. C’est ainsi qu’ils ont commencé à fouiller ma maison. Dans le tiroir, ils ont trouvé 500 mille francs guinéens. Et ils ont pris d’autres objets.  Ils étaient armés de 2 pistolets et un PMAK coupé », a entamé Alpha Souleymane Baldé qui, quoique terrifié par cette visite à la fois désagréable et inopinée, a pourtant su garder son calme tout en obéissant à ses ravisseurs.

« Ma voiture était garée dans la cour. Ils m’ont fait monter dedans en me mettant entre deux personnes. Et ma tête était recourbée contre le genou d’un de ces ravisseurs pour m’empêcher de voir leur visage. Ils m’ont demandé s’il n’y a pas caméra dans ma voiture. Je leur ai dit que ma voiture est dotée de caméra pour la marche arrière. C’est alors qu’ils ont pris la route du 2e pont en allant vers Mory Kantéya. Je me suis donc confié à un des ravisseurs en plaidant de ne pas me blesser par ce que je suis diabétique. Ils ont ainsi changé la route pour redescendre vers l’université Kofi Annan de Nongo. Ils se sont arrêtés en appelant taximan. Une voiture Nissan Almera deux portières de couleur verte est venue et ils m’ont fait monter dedans en me camouflant la tête. On n’a parcouru une longue distance. A un moment, la voiture s’est arrêtée. J’ai entendu le bruit du portail de la cour et la voiture est rentrée dedans. Après, ils ont ouvert un autre portail: c’était celui du garage. La voiture y est rentrée dans et ils ont refermé les portes. On m’a fait descendre. On a pratiqué deux escaliers avant d’arriver dans la salle où j’étais détenu », explique Alpha souleymane Baldé.

Poursuivant le plaignant; sous le coup de l’émotion, a essayé d’expliquer les différentes tortures qu’il a subies durant les 6 jours passés avec les ravisseurs. Des larmes aux yeux, il affirme devant la cour qu’il avait souhaité mourir que de souffrir de la sorte.

« C’est quand on m’a fait rentrer dans la salle que la torture à commencé.  Ils m’ont infligé toutes sortes de tortures que vous ne pouvez même pas imaginer qu’on puisse faire subir à un être humain. Ils m’ont demandé de leur payer 300 mille dollars. Je leur ai dit que je n’ai pas d’argent, mais qu’ils pouvaient prendre la voiture. Ils m’ont dit que leur patron ne veut pas de voiture. C’est ainsi qu’ils m’ont mon fait passer mes bras derrière jusqu’à ce qu’ils aient pu joindre mes deux épaules. Après, ils m’ont attaché avec la colle scotch. La douleur était inimaginable. Ils ont collé mes deux mains et mes pieds . Ils m’ont cagoulé jusqu’au niveau du nez et ils aussi collé ma bouche pour m’empêcher de crier ou de parler. A chaque fois je manifestais le désir d’aller aux toilettes, ils augmentaient la torture. Et finalement, je m’abstenais même si j’avais envi d’aller aux toilettes. Ils  menaçaient de me couper les doigts avec le couteau. On me torturait moralement et physiquement », raconte Alpha Souleymane Baldé.

Ce richissime commerçant semblait être avec les professionnels d’enlèvement. Pour éviter que les appels passés entre la victime et sa famille ne soient localisés, les ravisseurs mettaient Mr Baldé dans la voiture pour se promener pendant l’appel.

« On me déplaçait dans plusieurs endroits pendant les 6 jours de détention, je ne pouvais pas distinguer le jour de la nuit tellement que mes yeux étaient bandés. Pour parler avec ma famille, on me déplaçait et c’étaient eux qui me dictaient ce que je devais dire. Je leur ai dit s’il me libérais, je leur donnerais 50 mille dollars, mais ils n’ont pas accepté », a conclu sa version des faits, la victime, devant le juge.

A l’interrogation du procureur de la République Daouda Diomandé qui a émis le souhait de savoir la victime a-t-elle été libérée, Alpha Souleymane Baldé a répondu en ces termes:

« Je ne sais pas comment ils ont négocié ma libération, celui qui a payé la rançon est dans la salle, mais on m’a informé qu’ils ont payé 105 mille dollars US, plus 5 millions de francs guinéens aux ravisseurs. Un matin dans les environs de 6h 45 mn, juste après la prière de l’aube, ils m’ont fait monter dans la voiture. On n’a parcouru de longues distances. Après, ils ont garé. Ils m’ont dit de descendre et d’attendre quand la voiture bouge d’ôter ma  cagoule. Quand ils sont partis, j’ai ainsi enlevé ma cagoule. Mais je ne pouvais rien voir jusqu’à au moins 5 mn. J’ai donc compris qu’ils m’ont déposé à 50m de chez moi et j’étais enfin libre« , a  déclaré à la barre Alpha Souleymane Baldé.

Après les questions réponses des avocats de la défense et ceux de la partie civile, le juge Diakité a renvoyé le dossier au 3 juin pour les plaidoiries et réquisitoires.

Affaire à suivre !

Abdoul LATIF Diallo

622 02 22 99

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