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Maison centrale de Conakry :  » au moins un détenu meurt chaque semaine » (enquête)

Maison centrale de Conakry :  » au moins un détenu meurt chaque semaine » (enquête)

une enquête réalisée par la rédaction de votre quotidien d’informations et d’investigation dépêcheguinee met en lumière les conditions de vie précaire des détenus à la maison centrale de Conakry. Il ressort en somme que les cas de décès des détenus ont doublé en 2018 par rapport à l’année précédente. Selon les chiffres glanés auprès de nos sources, plus de 78 détenus sont décédés depuis janvier 2018. La principale cause de ces décès est dû au manque de médicaments à l’infirmerie mais aussi les conditions de détention précaire et la malnutrition. Immersion dans la plus grande maison carcérale de Guinée.
L’augmentation du nombre de décès à la maison centrale de Conakry est vraiment préoccupante pour les défenseurs des droits de l’homme et ignorée pourtant par le ministère de la justice. Avec un effectif de 1451 détenus à la date du mardi 31 juillet 2018. Témoignages : « Au moins, un détenu meurt chaque semaine par manque de médicaments à  l’infirmerie », nous confie un détenu sous l’anonymat.
« il n’y a aucun médicament à l’infirmerie de la maison centrale de Conakry depuis belles lurettes, et pourtant il y a une centaine de détenus qui sont gravement malades et ils ne bénéficient d’aucun traitement. La façon dont nous accompagnons les malades à l’infirmerie c’est de la même manière qu’on les ramène dans les cellules », déplore M. S, chef de cellule à la maison centrale de Conakry.
Petit commerce…chanvre indien
L’infirmerie  de la maison centrale, située du côté ouest près de la rentrée principale, cet endroit est transformé de nos jours en un lieu de commerce. Les infirmières et médecins stagiaires s’occupent de leur petit commerce à l’infirmerie que de soigner ou s’occuper des malades qui défilent en longueur de journée sans trouver de remède. A l’accueil, est assise une infirmière qui est préoccupée de son petit commerce de vente des œufs préparés accompagné de piment.  Près de son pied, on constate une glacière rouge,blanc remplie du jus bisap et djindjan qu’elle vend aux détenus à 1000 fg et 1500 fg pour un seul œuf.  A l’intérieur de l’infirmière, deux autres infirmières étalent les marchandises composées de parfums , déodorants et des gels de douche. Le médecin stagiaire, Mamadou Saliou Diop était le dealer de drogue à l’infirmerie, il vendait le chanvre indien aux détenus pour calmer leurs douleurs jusqu’au 28 juin dernier où il a été arrêté à la porte de la maison centrale avec deux ( 2) kilos de chanvre indien.
Interrogé sur le sujet, une infirmière accepte de témoigner, la peur au ventre.
« Sans vous mentir, il n’y a aucun médicament à l’infirmerie de la maison centrale de Conakry, à part le paracétamol et le métronidazol que le médecin chef Aboubacar Issiaga Camarade paye de ses propres frais. Ainsi, on se demande avec quoi se servir pour faire face aux cas de maladie en prison ? il n’y a même pas une goûte d’alcool ou de Bétadine ici et pourtant on nous envoie plusieurs détenus gravement blessés sous l’effet de la torture. D’autres ont le bras complétement paralysés et des plaies sur tout son corps provoquées par la corde et les coups de matraque qu’utilisent la police et la gendarmerie.  C’est sous nos yeux impuissants que nous voyons ces détenus mourir.’’ Explique F.C, infirmière a à la maison centrale.
Que fait l’Etat guinéen ? ‘’ L’Etat guinéen ou d’ailleurs le ministère de la justice ne fait absolument rien pour sauver la vie des détenus’’, répond F.C. Avant de renchérir : ‘’Avant , c’est une ONG internationale qui nous envoyait des médicaments entre 4 à 6 cartons chaque 6 mois. Actuellement, à la maison centrale même un simple paludisme peut tuer les détenus. C’est pourquoi le nombre de décès a augmenté. Cette année, il n’y a aucun médicament ».
Dans la cellule des malades située au pavillon sud, se trouve plus de  100 détenus gravement malades qui ne reçoivent aucun traitement, et les médicaments apportés par les parents sont formellement interdits.
Près de la cellule de malades, se trouve la cellule des détenus avariés. Ici, sont entassés les malades à phase terminale. Ils sont en vie mais leurs corps sont en état de décomposition, des plaies infectées , le corps recouvert de gales. certains détenus sont même en passé d’être transformé. Une odeur nauséabonde se dégage de cette cellule communément appelée Avaria.

Conditions de  détention précaire. 
La maison centrale qui bat le record de décès est aussi réputé pour son surpeuplement. Le nombre des détenus est hautement supérieur à la capacité d’accueil . Une prison construite pour 300 détenus héberge de nos jours 1451 détenus. Du moins, à la date du mardi 31juillet 2018.
Le nombre pléthorique des détenus dans les cellules a créé une promiscuité préjudiciable aux détenus en affectant directement leur condition sanitaire .
La malnutrition…

A la maison centrale de Conakry, les détenus sont très mal nourris. Dix (10) sacs de riz sont préparés par jours, comme ration alimentaire pour 1451 détenus. En janvier 2018, il y avait plus de 2000 détenus mais le nombre de sac n’a pas suivi.

Les détenus ont droit à deux repas par jour : la bouillie le matin et le riz la journée. Quand vient la nuit, c’est ‘’chacun pour soi’’. Ceux qui ont un peu d’argent ou qui bénéficient de la nourriture apportés par leurs parents peuvent se frotter les mains. Les plus démunis, quant à eux, se contenteront de gratter le ventre jusqu’au petit matin. Selon nos informations, le raps est préparé par les détenus, assistés par trois (3 ) femmes qui viennent de la ville.  ‘’Mais, les prisonniers qui ont un peu de moyen ne mange jamais ce riz, parce que c’est pas bon du tout’’, dit-on dans les couloirs de la plus grande maison carcérale de Guinée.

Abdoul Latif Diallo

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