Ce qui devait être une journée de mémoire et de revendication pacifique s’est transformé en cauchemar pour le journaliste Mamadou Saidou Diallo, arrêté brutalement lors des manifestations organisées par la coalition d’opposition Forces Vives à l’occasion du deuxième anniversaire du coup d’État militaire du 5 septembre 2021.
Alors que des centaines de citoyens marchaient pacifiquement pour réclamer le retour à un régime civil et la tenue d’élections libres, les forces de sécurité ont répondu par une répression féroce, transformant les rues de Conakry en champ de bataille. Gaz lacrymogènes, matraques et arrestations ciblées ont eu raison d’une foule dont le seul tort était de réclamer justice et démocratie.
Parmi les victimes de cette violente répression figure Mamadou Saidou Diallo, journaliste connu pour ses enquêtes incisives et ses positions critiques vis-à-vis du pouvoir en place. Depuis plusieurs mois, il faisait l’objet de menaces de mort répétées, signes avant-coureurs d’un régime devenu allergique à la vérité.
Le 5 septembre 2023, ces menaces ont pris corps : deux agents l’ont violemment agressé. L’un d’eux, l’ayant reconnu, a appelé des renforts. Le journaliste a été tabassé, les yeux bandés, puis embarqué vers un lieu de détention secret, sans mandat, sans justification.
Selon plusieurs sources, Mamadou Saidou Diallo aurait ensuite été transféré à la Maison Centrale de Conakry, tristement célèbre pour ses conditions de détention inhumaines et les actes de torture infligés aux opposants politiques. Les autorités, fidèles à leur culture du silence, n’ont fourni aucune explication officielle, tandis que la presse indépendante subit une pression croissante.
Sous le règne du CNRD, la liberté d’expression n’est plus qu’un slogan creux, brandi à la télévision et piétiné dans la rue. Les journalistes sont intimidés, les opposants bâillonnés, et les citoyens réduits au silence par la peur.
Ce qui s’est passé le 5 septembre n’est pas un incident isolé , c’est le symptôme d’un pouvoir qui confond maintien de l’ordre et maintien au pouvoir.
En s’en prenant à Mamadou Saidou Diallo, c’est la vérité qu’on a voulu enfermer mais l’histoire, elle, ne s’écrit pas derrière les barreaux.
Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation
Très très indépendant









