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Guinée : Un militaire meurt en détention, sa famille harcelée et placée en garde à vue

Les circonstances entourant la mort d’un militaire guinéen, témoin clé des événements du 5 septembre 2021, soulèvent de nombreuses interrogations. Depuis l’annonce de son décès à l’hôpital de Donka après cinq mois de détention, sa famille et ainsi que son fils Boubacar Baldé est soumise à des pressions répétées de la part d’hommes en uniforme.

Tout commence dans la nuit du 15 février 2023. Un militaire, membre de la presse des forces armées, est arrêté à son domicile en compagnie de plusieurs collègues. Tous sont conduits vers une destination inconnue. Aucune explication officielle n’est donnée. Pendant plusieurs semaines, sa famille reste sans nouvelles, jusqu’à ce qu’un supérieur confirme officieusement leur détention. Il leur est interdit de recevoir des visites, la hiérarchie considérant leur situation comme “sensible”.

Le 5 juillet, à l’aube, la mère du militaire reçoit un appel anonyme , son mari serait hospitalisé au CHU de Donka. En urgence, elle s’y rend avec son fils. Sur place, les médecins annoncent qu’il est décédé quelques heures plus tôt, à la suite d’un malaise. Le corps n’est pas encore restitué, l’autopsie est en cours.

Une semaine après les funérailles, le 16 juillet, plusieurs hommes en uniforme font irruption au domicile familial à Kindia. Ils saisissent plusieurs effets personnels du défunt : ordinateur, téléphone, caméra, véhicule. Le lendemain, ils reviennent, à la recherche d’un second ordinateur que l’homme utilisait prétendument à des fins professionnelles. Mais ce dernier n’était pas à la maison ; le militaire n’avait pas pour habitude d’y ramener du matériel sensible.

Commence alors une fouille en règle. Après quelques heures de recherche, les agents arrêtent le fils et la veuve du défunt. Tous deux sont conduits au camp Alpha Yaya, à Conakry. Sur place, ils sont interrogés séparément. La mère est rapidement libérée : elle est en deuil, vêtue de noir, et ne semble pas constituer une menace.

Le fils, Boubacar Baldé lui, reste cinq jours en garde à vue. Il subit des violences, des menaces, et finit par être relâché sous condition : ramener l’ordinateur manquant et son contenu, sous peine de représailles. Les agents exigent également la restitution du matériel déjà saisi, menaçant de “revenir”.

Alseny camara 

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