Politique

Guinée : libérez Alpha Condé !

Décidément, l’étau n’en finit plus de se resserrer  sur le président Alpha Condé. Et pour cause ? La fronde sociale qui est légion actuellement en Guinée trouble véritablement le sommeil du locataire de Sékhoutouréah qui ne sait, apparemment plus, à quelle solution se vouer.  Le Chef de l’Exécutif guinéen en a une fois de plus administré la preuve palpable du balbutiement de l’appareil de l’Etat face aux problèmes qui assaillent son gouvernement. Lequel étreindrait des solutions à l’équation à plusieurs inconnus à laquelle fait aujourd’hui face tout comme hier, son gouvernement. Mais ce qui intrigue le plus c’est que le numéro un guinéen n’arrive toujours pas à se situer dans cette affaire et par ricochet situer les responsabilités du quasi naufrage du navire dont il tient pour autant le gouvernail depuis bientôt 10 ans. Surtout quand il a fait  sans ambages son mea-culpa le jeudi 08 mars dernier aux femmes,    massivement  réunies au Palais du Peuple, à l’occasion de la fête qui est dédiée à celles-ci, que :   «Je vais dire d’abord aux élèves et à la jeunesse de Guinée que la jeunesse a toujours raison ». En référence à la grève des enseignants qui dure à peu près un mois maintenant.

                 ‘’Bismillahi Rahmani Rahim’’

Plus loin, Alpha Condé s’est astreint à une justification qui n’en valait vraiment pas la peine. Au point d’insister en ces termes :   «Croyez-moi, d’abord en tant que professeur, ensuite en tant que président, ce n’est pas de gaieté de cœur que je vais voir les enfants rester à la maison et non pas aller à l’école. Mais, je vais dire Bismillahi Rahmani Rahim, ça veut dire que la vérité, grâce à Dieu, finira par triompher et les jeunes sauront pourquoi ils ne vont pas à l’école, qui est responsable ? Non pas la propagande, mais qui est responsable ? »

Et c’est justement la réponse à cette  question sous forme de  piques énigmatiques-peut-être à l’endroit de ses opposants politiques-  qui devrait édifier les Guinéens (es) sur le mobile de l’léthargie actuelle de l’Administration guinéenne. Et avec celle-ci, la cascade de crise sociopolitique .Mais le chef de l’Etat, lui, y va d’une méthode qui ressort de déjà vu et entendu. Celle en tout cas de procéder à la rencontre, de façon périodique, les représentants des   différentes couches socioprofessionnelles du pays. Avec lesquelles le président guinéen échangerait afin d’être, théoriquement situé, sur les difficultés qui les tenaillent.    Sauf qu’il fait la promesse la main sur le palpitant de prendre ses responsabilités une fois avoir fini de prendre langue avec ceux (elles) qu’il appelle, himeself, ‘’la majorité silencieuse’’.

Mais ça veut dire quoi, au juste monsieur le président ? «  Ça veut dire, quand j’aurai fini d’écouter la majorité silencieuse, je vais faire un grand remaniement ministériel et mettre des ministres qui sont à l’écoute des populations et qui s’occupent de leurs problèmes. Car, si nous travaillons et que ceux qui sont responsables, qui sont chargés de dire la vérité au peuple ne sont pas près du peuple, ils restent dans les bureaux alors le peuple sera désinformé, parce qu’ils ne veulent pas que la Guinée aille de l’avant. Alors, nous allons faire un gouvernement de ministres responsables qui sont à l’écoute du peuple, qui seront près du peuple et qui pourraient informer correctement le président. Donc, jeunes de Guinée, votre avenir est ma préoccupation. D’abord, en tant qu’enseignant ainsi qu’en tant que président » répond le président Alpha Condé. Une réponse qui  sonne comme une sorte de mue que voudrait faire le chef de l’Etat dans les trois années à venir. Mais, puisqu’à chaque fois que le président Condé a promis que les têtes vont tomber, ce sont plutôt des cheveux qui sont  tombés, l’on ne peut que prendre avec des pincettes,  cette autre promesse de traquer les cadres tocards  de son gouvernement. Lesquels freinent la locomotive dans sa ‘’folle’’ course vers le développement du pays.

’Je vais prendre mes responsabilités’’

Mais en dépit de tout, le chef de l’Etat ne se lasse pas de s’atteler aux propos allusifs. Surtout quand il rappelle que : « 70% de la population africaine a moins de 30 ans, l’emploi jeunes aujourd’hui est notre grande préoccupation ». Et d’interroger les écoliers sans discontinuer : « A quoi ça sert que vous fassiez des études si à la sortie vous n’avez pas de travail ? Alors, il s’agit de savoir est-ce que nous allons privilégier l’emploi jeune ou nous allons privilégier ceux qui ont déjà fait 30, 40 ans à la fonction publique. Voilà l’équation véritable qui va être posée devant le pays. En ce moment, le peuple saura qui est responsable de quoi, pourquoi les enfants au lieu d’être à l’école après que les parents aient dépensé jusqu’au dernier sou pour les envoyer à l’école ? Parce qu’ils veulent aujourd’hui qu’ils maîtrisent le savoir, sans maîtrise de savoir, un pays ne peut pas avancer. Croyez-moi, je vais prendre mes responsabilités. Ceux qui ont cru qu’en faisant crier les gens je ne vais pas venir, ils se trompent. » S’est-il à nouveau borné à lancer des piques,  à mots couverts ! Mais, ce n’est pas  tout !

Et d’ajouter toujours sans citer nommément les cibles de son courroux : «Moi, moi je suis un homme du peuple, je n’ai pas peur du peuple, je n’ai pas peur de la jeunesse, je n’ai pas peur des femmes, alors leur calcul est un échec. Je suis là devant vous, je ne suis pas caché et je vais marcher à pied jusqu’à Sékhoutouréya pour montrer que moi je suis derrière le peuple. Que ceux qui ne veulent pas que la Guinée avance, ils perdent leur temps parce que le peuple va finir par les démasquer, savoir qui est qui parce que dans ce pays, le mensonge remporte sur la vérité ».

Mais, monsieur le président, qui sont-ils, à la fin ? Sa réponse est on ne plus énigmatique : « Jeunes de Guinée, quand vous découvrirez la vérité, vous saurez qui est contre votre avenir… Je ne vais pas faire un long discours, vous êtes sous le soleil depuis des heures, vous êtes fatigués. Je vous dis seulement, qu’en tant que président, garant du développement de ce pays, garant du développement de la jeunesse, l’autonomisation des femmes, je vais prendre mes responsabilités.». Jusque-là n’avait-il pas pris ses responsabilités ? A la lisière de sa mandature qui prend fin en 2020 ?

Alors, libérez Alpha Condé !!

Youssouf Diallo

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