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Guinée : Aboubacar Soumah, rebelle ou légitime ?

Cette question, beaucoup de Guinéens et autres  se la posent sans cesse. D’autant plus que la crise qui mine actuellement le Syndicat Libre  des Enseignants et  Chercheurs   de Guinée (SLECG) prend une proportion inquiétante. Et elle se répercute   forcément sur l’éducation nationale. Laquelle est en passe de prendre un coup dur !!  Si elle ne l’a même pas pris déjà. Au point qu’en Guinée, l’on ignore royalement la pensée de Nelson Mandela à ce sujet quand il disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on  utilise  pour changer le monde. » Puisqu’il y a un bon moment que les cours sont perturbés par la grève générale déclenchée par le SLECG qui réclame les meilleures conditions salariales pour les enseignants guinéens.    Sans qu’aucune  solution idoine n’y soit  trouvée, en dépit du fait que cela a occasionné plusieurs morts et des dégâts matériels importants.

En effet, il faut dire que la situation qui se présente au SLECG est sans aucun doute révélatrice    du bicéphalisme que connait ces derniers temps les structures syndicales, associatives, patronales et même les organisations de la société civile.

Il n’est pas rare de voir  celles-ci se prévaloir en même temps deux équipes dirigeantes diamétralement opposées à leurs têtes sans qu’on ne soit capable de  trancher  véritablement en faveur d’un camp. On va dire, la plus représentative aux yeux de l’opinion publique et par ricochet en vertu de la loi et les règlements qui régissent le fonctionnement de ces   structures susmentionnées.  Sinon comment comprendre qu’au SLECG, qui est le dernier cas en date  bien sûr de ce bicéphalisme, deux camps puissent s’opposer jusqu’à maintenant dans un  Etat normal et en temps normal sans pour autant qu’un interlocuteur ne soit défini par les autorités de l’éducation nationale.    Avec qui les discussions sérieuses peuvent être engagées afin de pouvoir sortir de l’impasse qui ne  fait que  trop durée.

Dans ce cas-ci, Aboubacar Soumah, qu’une partie du SLECG a élu à la tête de cette structure syndicale, était qualifié au début de la grève des enseignants  dont il est principal meneur, comme un rebelle qui n’obéirait pas aux textes du syndicalisme.   Sy Savané,  l’autre secrétaire général qui a perdu la légitimité de la base, était jusque-là l’interlocuteur attitré du SLECG vis-à-vis de l’Etat. Mais là où le bât blesse c’est que Sy Savané et Cie sont perçus par les enseignants comme agissant à la solde de l’Etat.

A tel point  qu’aujourd’hui, celui qui est qualifié de rebelle en devienne l’interlocuteur normal. Puisque c’est lui que les différents médiateurs dans la crise, notamment les religieux, sollicitent pour engager ou encore réengager les négociations. A l’inspection générale du travail, l’on ne dira sans doute pas le contraire. Car aux dernières nouvelles, Aboubacar Soumah   a été contacté par l’inspecteur générale du travail sans succès. En vue des discussions. Mieux,  dans un communiqué publié récemment dans les medias, le gouvernement semble lâcher du lest en promettant de payer à la fin de février une partie du salaire demandé par les enseignants.   Comme consigné dans la plateforme revendicative SLECG.

Comme pour dire que ‘’le rebelle’’  est devenu légitime aux yeux des autorités. A leur corps défendant.

Mais si c’en est ainsi, quel sort va-t-on réserver aux premiers interlocuteurs dits légitimes ou légaux?

Surtout que le camp de Sy Savané a déjà bombé le torse d’appeler à son tour à une grève générale et illimitée si le gouvernement reconnaissait Aboubacar Soumah comme interlocuteur légitime.

Reste à savoir ce qu’en dira la base.  Sinon que s’en moquer éperdument !!

Youssouf Diallo

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