À Conakry, l’affaire de l’enlèvement de Foniké Mangue continue de produire des effets en chaîne. Cette fois, c’est un témoin direct des faits qui se retrouve dans la ligne de mire. Mohamed Hassane Youla, qui a assisté à la scène, vit désormais dans la clandestinité après avoir décidé de parler à visage découvert.
Selon les informations recueillies, ce jeune homme avait accordé une interview à plusieurs médias locaux pour relater, sans détour, les circonstances de l’arrestation du coordinateur du FNDC et de son compagnon, Bah Billo. Une prise de parole publique qui n’a pas fait long feu : quelques jours seulement après sa diffusion, l’interview disparaît des plateformes concernées, sous pression.
Ce qui n’était au départ qu’une simple visite entre amis s’est transformé en un engrenage de violences. Le mardi 9 juillet 2024, Mohamed Hassane Youla se trouve chez son ami Kaba Aboubakar, dans la concession de Sylla Oumar, alias Foniké Mangue. C’est là que tout bascule.
« À l’extérieur, des hommes en tenue avaient déjà investi les lieux. En quelques minutes, la situation a dégénéré. Foniké Mangue et Bah Billo ont été interpellés sans convocation, puis embarqués immédiatement », confie-t-il.
Dans la foulée, des journalistes affluent pour comprendre ce qui s’est passé. Malgré les mises en garde de ses proches, Mohamed Hassane choisit de témoigner. Une décision lourde de conséquences.
Depuis, les menaces se multiplient. Selon des sources concordantes, des individus en uniforme ont mené une descente à son domicile à Sangoyah dans le but de l’interpeller. Pour ses proches, il ne fait aucun doute : le statut de témoin oculaire l’a transformé en témoin gênant.
Aujourd’hui, Mohamed Hassane Youla vit caché. Il se sait recherché. Dans une affaire où les zones d’ombre persistent, une certitude s’impose : en Guinée, voir et dire peut suffire à devenir une cible.









